Rassemblement à Strasbourg - 18 Décembre 2025

Informations pratiques

Date : Mercredi 18 décembre 2025 Heure : 14h30 Lieu de rendez-vous : Place Kléber, Strasbourg Tram : Lignes A, D - Station Homme de Fer

Strasbourg, capitale européenne mobilisée

Strasbourg, siège du Parlement européen et symbole de la construction européenne, occupe une place particulière dans le mouvement des sans-papiers. Dans cette ville qui accueille les institutions européennes censées défendre les droits humains, des centaines de personnes vivent pourtant privées de droits fondamentaux en raison de leur situation administrative.

Le collectif de sans-papiers strasbourgeois s’est structuré et participe aux dynamiques régionales et nationales du mouvement. Strasbourg a été mentionnée parmi les villes mobilisées lors des assemblées de la Marche des Solidarités, témoignant de l’ancrage du mouvement en Alsace.

La mobilisation du 18 décembre revêt une dimension symbolique forte à Strasbourg. Manifester pour les droits des sans-papiers dans la capitale européenne, c’est rappeler aux institutions le décalage entre les principes affichés et la réalité vécue par des milliers de personnes sur le territoire français et européen.

Le contexte alsacien : frontière et contrôles

Strasbourg et l’Alsace sont situés à la frontière avec l’Allemagne, ce qui confère à la région une spécificité dans la question migratoire. La frontière, bien que théoriquement ouverte dans l’espace Schengen, est le lieu de contrôles policiers fréquents. Les gares, notamment la gare centrale de Strasbourg, sont des points de contrôle intensifs où de nombreuses personnes sans-papiers sont interpellées.

La métropole strasbourgeoise, avec son dynamisme économique lié aux institutions européennes, au tourisme, et à sa position de carrefour, emploie de nombreux travailleurs sans-papiers dans les secteurs de la restauration, de l’hôtellerie, du bâtiment, du nettoyage et des services. Ces personnes participent à la prospérité locale mais restent dans l’ombre, vulnérables à l’exploitation.

La préfecture du Bas-Rhin s’est durcie dans le traitement des demandes de régularisation, suivant la tendance nationale. Depuis l’adoption de la loi immigration en janvier 2024, les régularisations sont quasi-gelées. Des personnes présentes depuis des années à Strasbourg se voient refuser tout titre de séjour.

Cette situation génère une précarité administrative qui se traduit par l’impossibilité de signer un bail, des difficultés d’accès aux soins, une exploitation au travail. Le climat de contrôles permanents crée une peur qui pousse les sans-papiers à se cacher, à éviter certains lieux, à limiter leurs déplacements.

Les acteurs de la mobilisation strasbourgeoise

Le collectif de sans-papiers de Strasbourg travaille avec de nombreuses organisations locales. La Cimade Alsace propose un accompagnement juridique et un soutien aux personnes en difficulté administrative. La Ligue des Droits de l’Homme section Strasbourg offre des permanences d’accueil et un suivi des situations.

Le Réseau Éducation Sans Frontières (RESF 67) mobilise enseignants, parents d’élèves et citoyens pour protéger les familles avec enfants scolarisés contre les expulsions. Des associations comme le collectif Interassociatif d’Aide aux sans-papiers de Strasbourg, le Secours Catholique, et de nombreux collectifs de quartier s’engagent activement.

Les syndicats strasbourgeois, notamment la CGT et Solidaires, soutiennent les travailleurs sans-papiers. Des collectifs d’hébergement citoyen offrent des solutions d’accueil. Des avocats, médecins, travailleurs sociaux et citoyens solidaires s’organisent pour apporter une aide concrète.

Cette mobilisation collective reflète la tradition solidaire de Strasbourg et le décalage entre les valeurs européennes affichées et la réalité vécue par les personnes sans-papiers.

Strasbourg, laboratoire de la contradiction européenne

Il y a une contradiction profonde à Strasbourg. D’un côté, la ville accueille le Parlement européen, la Cour européenne des droits de l’homme, le Conseil de l’Europe – institutions qui proclament l’attachement aux droits humains, à la dignité de la personne, à l’égalité. De l’autre côté, des centaines de personnes vivent dans la précarité administrative, privées de droits fondamentaux, menacées d’expulsion.

Cette contradiction n’est pas propre à Strasbourg, elle traverse toute l’Europe. Mais elle est particulièrement visible ici, dans cette capitale européenne. En manifestant le 18 décembre Place Kléber, nous mettons cette contradiction en lumière et exigeons que les principes affichés se traduisent en actes concrets.

Le choix de la Journée Internationale des Migrants, proclamée par l’Organisation des Nations Unies, renforce cette dimension internationale. Les droits des personnes migrantes ne sont pas négociables, ils sont inscrits dans les conventions internationales que la France et l’Europe ont ratifiées.

Pourquoi manifester le 18 décembre à Strasbourg

En manifestant massivement Place Kléber, cœur battant de Strasbourg, nous affirmons que la capitale européenne ne peut rester silencieuse face aux violations des droits des personnes sans-papiers. La mobilisation simultanée dans plus de vingt villes françaises crée un mouvement national puissant.

À Strasbourg, nous exigeons l’ouverture de la préfecture du Bas-Rhin aux demandes de régularisation, la fin de l’arbitraire administratif, l’arrêt des contrôles systématiques aux frontières et dans les gares, et la régularisation de toutes les personnes sans-papiers présentes sur le territoire.

Nos revendications

  • Régularisation de tous les sans-papiers de Strasbourg et d’Alsace
  • Ouverture de la préfecture du Bas-Rhin et traitement rapide des dossiers
  • Arrêt des contrôles aux frontières et dans les gares
  • Arrêt des expulsions et fermeture des centres de rétention
  • Accès effectif aux droits : travail décent, logement, santé, éducation
  • Cohérence entre valeurs européennes affichées et politiques migratoires menées

Rejoignez-nous Place Kléber

Le rassemblement du 18 décembre Place Kléber sera un moment fort de solidarité. Des prises de parole de personnes sans-papiers qui témoigneront de leur situation à Strasbourg, des interventions de représentants d’organisations, et des animations culturelles rythmeront l’après-midi.

Que vous soyez sans-papiers, militant·e associatif ou syndical, fonctionnaire européen, étudiant·e, citoyen·ne solidaire, votre présence est essentielle. C’est ensemble, nombreux et déterminés, que nous ferons avancer nos revendications.

Amenez vos pancartes, vos banderoles, votre indignation face aux contradictions européennes. Faites circuler l’information dans vos réseaux, vos institutions, vos lieux de travail, votre quartier. Le 18 décembre, Strasbourg doit être massivement mobilisée.

Rendez-vous le 18 décembre à 14h30 Place Kléber !

Strasbourg solidaire ! Régularisation de tous les sans-papiers !